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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 20:03

Au cours de ces derniers quatre mois, le troupeau d'équidés de la Ferme des Rescapés a beaucoup changé. Certains sont arrivés, d'autres ont été adoptés. Voici un petit aperçu :

 

Olaf et Prince sont partis dans une superbe famille en Dordogne.

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Amandine, une anesse handicapée, maltraitée et rachitique, est arrivée à la Ferme, il y a quelques mois.

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En décembre, une jeune jument, un peu sauvageonne et peureuse est arrivée.

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Deux trotteurs français agés 23 et 25 ans ont également rejoint le troupeau fin février, peu avant Myfair et Lara.

Ils étaient pour la boucherie.

Photos à venir.

En ce moment, 5 ânes, 10 poneys et 12 chevaux vivent ici leur retraite.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:22

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Le récit de Lara

Je les ai vues en premier.

Elles sont arrivées avec une voiture pleine de chiens, derrière le camion du marchand. Ensemble, elles sont entrées dans notre pré pour nous regarder. Elles n'étaient pas le genre de «femmes-cavalières» avec leurs pantalons d'équitation et leur hautes bottes noires qu'elles portent partout pour montrer qu'elles appartiennent à un chic club. Non, ces deux femmes portaient des vêtements simples et usés. Elles me semblèrent différentes.

La plus jeune des deux alla voir «Myfair», mon amie anglo-arabe rencontrée lors du dernier marché. Elle lui parla calmement et gentiment.

L'autre femme, sa mère certainement, m'observa d'une certaine distance et n'essaya pas de m'approcher.

«Je les ai achetées pour la mort», a lâché le marchand qui venait de nous rejoindre dans le pré.

«La grande – il montra Myfair du doigt - elle est gentille, mais elle est vieille et elle est «vide». Il cracha ce dernier mot avec beaucoup de mépris.

«Je lui ai fait faire une échographie. Elle a couru, travaillé pour des randonnées et pouliné, mais vous pouvez la monter de temps en temps.» rajouta-t-il.

«Elle a peut-être mérité sa retraite maintenant alors», répondit l'une des deux femmes, sèchement.

Mais le marchand s'avançait déjà vers moi.

«Elle, par contre, elle ne vaut rien, elle est folle. On ne peut même pas l'approcher, ou lui mettre un licol. J'ai déjà les papiers nécessaires du vétérinaire pour les mettre à l'abattoir. Et elle, elle ne mérite que ça. Je l'ai échangée avec deux autres contre une de mes juments. Je ne veux pas m'emmerder avec une bête comme elle», dit le marchand.

«Pourquoi coûtent-elles 1000 € alors, si elles ne valent plus rien ?», demanda la jeune fille.

«Le prix de la viande est à plus de 2 € le kilo, pour le moment», répondit le marchand.

Ils commencent à négocier et je m'éloigne davantage d'eux. A chaque marché, nous valons moins ou on nous traite avec plus de mépris et de brutalité. Les marchands nous échangent, nous chargent, déchargent, toujours un bâton à portée de main.

Le bruit des voitures me tire de mes sombres souvenirs. Ils s'en vont tous et nous laissent là.

Mais dans l'après-midi, nous sommes à nouveau dérangées. Les deux voitures des marchands et le camion de transport montent le chemin. Nous allons de nouveau partir, je le sais, mais où ?

 

Trois hommes arrivent et nous chassent dans une sorte de cour. Nous sommes coincées, j'essaie de retourner et d'éviter les pièges mais en vain. Mon corps encaisse les coups de bâtons. Ils me chassent dans le camion et ferment la séparation. Je ne peux plus me retourner.

Je suis complètement bloquée, seule et en panique. Un des hommes se penche au-dessus de moi, il veut me mettre un licol. Ses mains me touchent. Je me cabre, je tente de l'éviter, de me sauver, je suis terrifiée. Les hommes sont énervés, crient et deviennent de plus en plus brutaux. L'un d'eux me passe un fil autour du cou. J'ai l'impression d'étouffer. Je me débats du mieux que je peux, j'essaie d'éviter leurs mains et les coups.

Ils ont réussi à me passer le licol, je saigne beaucoup des antérieurs. Une violente douleur saisit ma tête et je ne vois plus rien avec mon œil gauche. Je suis en sueur.

Myfair est chargée à l'arrière du camion, elle tremble. La porte se ferme et nous sommes en route.

Vers où cette fois-ci ? Le énième marché ? L'abattoir que Myfair craint autant ?? Nous sommes toutes les deux terrifiées.

Le trajet est relativement court. Nous arrivons dans une ferme, des chiens aboient, j'entends des chevaux.

Le camion s'arrête. Un marchand ouvre ma porte, l'autre celle de Myfair. Elle a peur et refuse de sortir du camion. Le marchand la tire, elle tombe et se blesse au-dessus du sabot.

L'autre marchand tire sur ma corde mais je suis tétanisée. Je refuse de faire un pas en avant.

La jeune fille de ce matin vient d'arriver. Elle demande à prendre ma corde, mais les hommes veulent rester maîtres de la situation. L'un vient de remonter dans le camion et me frappe par derrière. Je fonce tellement vite qu'il perd ma corde. Où suis-je ? Où dois-je aller ?

«Elle s'est échappée» crie l'un des marchands. Le ton de leurs voix me fait peur. Ils sont énervés et prêts à tout.

Ils m'ont dépassée et me rechassent en direction du camion. Myfair est toujours là, je me rapproche d'elle. Avant que je ne comprenne ce qui nous arrive, les deux hommes ont réussi à nous chasser dans un grand box. La porte se ferme.

L'un des marchand rattrape ma corde, l'enroule autour de la porte en fer et me tire vers lui. La porte claque terriblement, je panique, je me cabre. Le bruit est terrible. Myfair, l'obéissante et soumise, s'est laissée enlever la corde. Elle se tient à côté de moi. Ses flancs tremblent.

«Calme-toi, sinon ils vont te tuer», me chuchote-t-elle.

 

Les hommes se calment, les femmes ne sont pas contentes du déroulement du déchargement. Ce sont les deux mêmes que ce matin.

Enfin, on me défait ma corde, je me réfugie derrière Myfair au fond du box.

«Je vous ai prévenues», dit le plus jeune des deux hommes.

«Ne venez pas vous plaindre, elle est folle. Elle ne vaut rien, elle devrait mourir ; elle est dangereuse, faites attention. Même le vétérinaire le trouve», rajoute l'autre.

Après quelques minutes, les hommes s'en vont avec le camion. Les deux femmes reviennent nous regarder.

«Elles sont dans un sacré état», dit la jeune fille.

«La petite blanche n'a que peur, heureusement qu'on la prise. Ils l'aurait tuée avant qu'elle n'arrive en Espagne, Roumanie ou Italie», ajoute sa mère, Verena.

 

Je les observe, méfiante, je me cache derrière Myfair. Elle nous donnent du foin, de l'eau et quelques carottes. Délicieuses !!! Je n'en ai plus mangé depuis des années.

 

Le lendemain, Morlind revient et appelle sa mère : «Regarde ses blessures. Il y a du pus partout.»

Elles essaient de m'attraper, de me prendre au licol. Je fonce partout dans le box, saute sur la botte de foin, redescend et fonce vers eux. Mais elles ne crient pas, elles n'ont pas de bâton, elles sont calmes et Verena me parle. Elles arrivent à me bloquer entre le grillage et la botte de foin. Verena commence à me masser la nuque. Je reste tétanisée, j'ai terriblement peur. J'arrête presque de respirer. Contre ma volonté, je commence à me sentir bien. Non, c'est un piège ! Elles veulent me mettre une longe, je fonce ! Elle ne s'énervent pas, mais recommencent avec patience et parviennent à leurs fins. Elles essaient de m'attacher, mais je connais cela. Je me cabre, je tire de toutes mes forces, je fonce en arrière.

Morlind n'est pas impressionnée, elle entre dans le box et me donne des médiments. Après, elle met quelque chose qui pique et qui pue sur ma blessure. J'explose de nouveau.

Mais elles n'arrêtent pas. Elle revient et met quelque chose dans mon œil meurtri. Cela me fait du bien mais j'explose et me cabre quand même. Mais elles ne me tapent pas, Verena me tend une nourriture qui sent terriblement bon. Je dois le manger de sa main. Bien sûr que non !!! Elles sourient et s'en vont après avoir versé la nourriture sur le sol. Un tas pour moi, un tas pour Myfair.

Dès qu'elles ont disparu, je mange lentement avec plaisir.

J'ai l'impression que nous sommes un jour spécial. Je demande aux autres chevaux dans le pré avoisinant, qui ne s'intéressent déjà plus à nous : «Nous sommes où ici ?»

«Vous êtes sur la Ferme des Rescapés » répond une vieille jument boiteuse.

«C'est quoi ça «rescapés»? je demande la bouche pleine.

«C'est toi là, petite idiote !!! Tu es une rescapée, comme nous tous d'ailleurs », répond un joli poney noir.

Je demande à Myfair : « Alors il ne va pas revenir le marchand ?? ». Elle ne répond pas tout de suite. Elle est fatiguée, maigre, pleine de cicatrices dans son visage et aux antérieurs, elle a le dos courbé et plein de douleur. Et malgré tout, elle me semble soudain rajeunie très belle et plus légère. Elle me regarde avec ses yeux magnifiques qui reflètent sa bonté puis dit simplement : «Non, je ne crois pas. »

Elle regarde Verena, qui marche aussi un peu fatiguée, mais qui me semble elle aussi plus jeune aujourd'hui. Elle s'approche de nous et nous salue avec un regard complice : «Bienvenue sur la Ferme des Rescapés» dit-elle.

 

 

UN GRAND MERCI A TOUTES LES PERSONNES QUI NOUS ONT AIDEES – DANS UNE VAGUE DE SOLIDARITE - A LIBERER CES CHEVAUX ET A LEUR OFFRIR UNE MEILLEURE VIE.

 

Verena et Morlind FIEGLanimals-1845.JPG

 

 

Explication sur la foire de Maurs :

A Maurs,se tient trois fois par an le grand marché de France des équidés. Environ 1000 chevaux, poneys, ânes sont réunis certains viennent même d'Espagne, de Belgique... etc.

80 % sont pour l'abattoir (comme les poulains de trait pour l'Italie), d'autres partent en Roumanie ou Espagne...

La brutalité des marchands y est indescriptible. Ils se saoulent dès le matin et comme les chevaux et poulains sont pour la viande, leur état et blessures ont peu d'importance. Il n'y a pas de vétérinaires qui interviennent, ni d'associations de protection animale. Ce marché est l'enfer pour les équidés, tout le monde le sait, mais il est protégé par «la tradition». Comme nous disait un responsable de « One Voice », Maurs c'est un rassemblement pour l'abattoir, c'est normal.

Chaque année, la Ferme des Rescapés essaie de sauver au moins un équidé de cette foire.

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 21:43

La soeur de la chèvre blanche "Un ange s'est envolée, une étoile est née" a été sortie de l'élevage où elle était enfermée, il y a deux semaines, par La Ferme des Rescapés.

 

 

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                                                                    La voici le jour de son arrivée 

 

Elle était très maigre et n'arrivait pas à se tenir debout, mais elle vit et vivra.

Elle découvre une autre vie, apprécie de pouvoir manger à sa faim, de se coucher sur une paille fraiche...

Maintenant, si on l'aide à se lever, elle arrive à faire quelques pas. Elle fait beaucoup de progrès. 

Dix autres chèvres ont été sorties d'élevages laitiers au cours du mois de janvier. Deux d'entres elles sont mortes quatre jours après leur arrivée,

 

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 10:24

J'ai perdu ma plume au fil des années de travail ici à la Ferme. Je pense à ce que je devrais faire à l'étable au lieu d'être assise ici, dans ma chambre à côté de Ailleen, une de mes chattes préférées et Emeline, la chèvre martyr que nous avons récupérée d'un élevage.

Mais je sais qu'il est temps de donner des nouvelles de «La ferme des Rescapés».

Nous avons vécu trois jours de rude épreuve. Mercredi 16, 20 centimètres de neige sont tombés ici et de nombreux arbres se sont effondrés, en entraînant une coupure de l'électricité sur la commune. Pendant 2 jours, nous avons du gérer 600 animaux sans avoir de lumière, ni de chauffage (la pompe qui distribue l'eau chaude de la chaudière à bois dans les radiateurs, a besoin d'électricité), sans pouvoir passer l'aspirateur...etc.. et le tout avec -2 à -8°C.

 

Cela aurait pu être une sorte d'aventure, mais si les poules désespèrent parce qu'elles ne trouvent pas leur graines dans le noir, s'il faut nettoyer des étables entières et des chambres avec la lampe de poche, s'il faut évacuer et regrouper de nombreux chats dans une pièce chauffée... Si vous vous retrouvez avec 6 chevaux, 40 chèvres, 40 moutons et une vache enfermés à l'étable, et par conséquent une tonne de fumier à sortir, beaucoup de bouches à nourrir et de nombreux seaux d'eau à apporter car tout est gelé.... l'aventure devient vite une épreuve qui paraît interminable.

Plusieurs animaux n'ont pas survécu, et leur perte a été comme un coup de massue supplémentaire à supporter.

 

Emeline, qui rumine à mes pied, est une chèvre que nous avons sortie d'un élevage laitier. Elle était tellement faible et squelettique qu'elle ne peut plus se tenir debout. Elle était encore pleine de deux chevreaux quand nous l'avons recueillie mais elle a avorté.

Elle était complètement déshydratée et pendant longtemps j'ai cru qu'elle ne survivrait pas. Mais elle se bat. Elle a recommencé à manger il y a quelques jours. Mais elle n'arrive toujours pas à se tenir debout. Il va falloir la mettre dans une sorte d'harnais, pour qu'elle réapprenne à marcher. IMG_1395.JPG

 

Elle est dans ma chambre parce qu'elle a eu besoin de très nombreux soins, d'attention et de chaleur.

 

Depuis le début de l'année, La Ferme des Rescapés a été de nombreuses fois contactée pour des urgences et des animaux en détresse. Nous avons du en refuser une partie, mais certains ont trouvé refuge chez nous, comme quelques chats d'une ville que des jeunes s'amusaient à torturer. D'autres ont pu directement être placés dans des familles.

 

Il est 10h20 et il est grand temps pour moi de soigner la grande tribu caprine, ovine, équine et bovine qui m'attend sûrement déjà avec impatience !!!

 

Merci à tous ceux qui nous ont envoyé leurs vœux pour cette nouvelle année.

Merci à tous ceux qui nous soutiennent financièrement comme matériellement. 

 

Sur ce compte ami, il est possible pour ceux qui ont un compte Facebook, de voir plus de photos des animaux de La ferme des Rescapés: http://www.facebook.com/home.php#!/lea.orliez/photos_albums

 

Pour les autres, des photos seront mise en ligne sur le blog, ce soir ou demain.

 

Bonne journée à vous tous et à bientôt. 

M.R.R

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 08:37

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La maîtresse de Lima, une chienne de 9 ans X Labrit, et Rock 15 ans est décédée il y a 9 mois.

Depuis, ces deux chiens vivaient seuls, dans la cour de la maison. 

La famille allait maintenant les euthanasier. La ferme des Rescapés a décidé de les prendre en charge et de leur offrir un nouveau foyer.                                                                                                                                                       IMG 0718

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:20

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Pendant 19 ans, Milwaukee n'a jamais pu se retourner pour voir ce qui se passait derrière elle. Jamais elle n'a pu brouter de l'herbe sur un pré ou être témoin d'un lever de soleil. Non, pendant 19 ans Milwaukee n'a vu que le mur de l'étable dans laquelle on la retenait prisonnière. Attachée à une chaîne de 50 cm qui lui permettait à peine de se coucher, elle a vécu toutes ces années dans la pénombre. Seul un peu de lumière lui parvenait les jours de beau temps par le haut de la porte de l'étable.

Comme tout animal attaché ou enfermé, elle a été très dépendante des soins de son propriétaire. Elle n'avait qu'un seau d'eau devant elle qui nécessitait d'être rempli au moins une fois matin et soir. Elle attendait également sa portion de foin.

Mais avec l'âge, son propriétaire à commencé à l'oublier...

Milwaukee a parfois passé des jours sans eau ni nourriture.

Heureusement un jour, une amie a découvert les conditions de survie de Milwaukee.

La ferme des Rescapés en a été avertie, puis la Fondation Brigitte Bardot, mais le propriétaire a obtenu le droit de garder sa vache.

Il a quelques jours, la situation a changé, son propriétaire ayant été transporté à l'hôpital. Les personnes en charge de l'animal ont souhaité s'en débarrasser au plus vite… en demandant au vétérinaire de venir l'euthanasier, un problème de papier empêchant de l'envoyer à l'abattoir. D'après certaines personnes, l'équarisseur fut également prévenu.

La Ferme des Rescapés a alors immédiatement organisé un transport et payé un professionnel, un éleveur de vache, qui a su mettre Milwaukee en confiance pour monter pour la première fois depuis 19 ans dans un camion.

Afin qu'elle puisse s'habituer à nous et découvrir peu à peu sa nouvelle maison, nous l'avons d'abord installée dans un paddock.

Elle a bien entendu de l'eau et du foin à volonté, mais ne dit jamais non à une petite gourmandise !!!

 

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Bienvenue à la Ferme des Rescapés, chère Milwaukee !!!

 

La Ferme des Rescapés s'était engagée dès le début à accueillir Milwaukee. Mais au moment où l'association à passé toutes ses commandes de paille et de foin pour l'hiver, il semblait peu probable qu'un jour Milwaukee sorte vivante de sa sombre étable.

Une commande supplémentaire est déjà programmée mais elle n'était bien entendu pas prévue dans le budget. Toute participation même minime est donc la bienvenue.

 

Nous tenons à rappeler que Milwaukee doit sa nouvelle vie et sa liberté à la personne qui nous a alertées et qui nous a fait part de ses conditions de vie.

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 23:47

Chères lectrices, chers lecteurs, chers ami(e)s des animaux, 

 

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Cela fait des semaines que je tenais à vous donner des nouvelles de "La ferme des Rescapés" !!!

Elle fut, au cours de ces derniers mois, le dernier espoir pour de nombreux animaux.

La Ferme des Rescapés a reçu de multiples appels pour des accueils d'urgence. Malheureusement, toutes les demandes n'ont pas pu être validées. Le manque de moyens financiers et la grande charge de travail en sont les causes principales.

 

Ruessel et Schueffel sont deux jeunes truies. Elles devaient finir pour la "consommation". Paniquées par chaque bruit, chaque mouvement et surtout par la main humaine, elles ont mis un moment avant de nous faire confiance. La nourriture, équilibrée bien entendu (!) fut le meilleur moyen d'approche !!!

 

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3 brebis, Chenoa, sa fille et Hope, ont pu échapper à l'abattage rituel grâce à une intervention rapide. L'une d'entre elles  provient d'un élevage où les moutons sont engraissés "en bâtiment".

 

Marsha, une vieille ânesse ne serait plus de ce monde, si son chemin n'avait pas, par hasard, croisé le nôtre. Elle a appris par certains de ses anciens propriétaires que l'homme est un danger pour sa vie. Elle mettra sûrement un peu de temps, avant de se laisser prendre au pré, et de nous suivre sans avoir peur de finir dans un camion. Elle s'est liée d'amitié avec Nigel, un jeune âne de notre ferme, au passé douloureux.

 

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La meute de chiens de La Ferme des Rescapés a perdu certains de ses membres, mais un nouveau n'a pas tardé à la rejoindre pour finir sa vie ici.

Sam, un vieux chien de chasse non identifié, nous a été apporté par la factrice. Il errait depuis plusieurs semaines aux abords d'un village, dont aucun habitant n'a été prêt de l'accueillir. 

Ce jour-là, Sam s'est allongé an milieu de la route, en obligeant la factrice à s'arrêter. Maigre et malade, il a passé sa première nuit ici, bien au chaud, sur une couverture, le ventre plein.

Cela fait maintenant trois semaines qu'il est arrivé et il commence à reprendre du poids et de l'énergie. Il devient chaque jour un peu plus un chien type "pot de colle", qui ne supporte pas d'être seul.

 

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Une dizaine de chats, venus de près comme de loin (Cannes), a intégré notre troupe.

L'un d'entre eux, Ecaille, est une chatte qui fut piégée dans une usine. Attrapée le vendredi soir, elle a été laissée tout un week-end, sans eau ni nourriture, dans le piège. Elle aurait été tuée si une employée n'avait pas appelé sa mère, qui est venue la chercher pour nous l'apporter.

Blaireau, une chatte ayant appartenu à une dame âgée, partie en maison de retraite, a passé des mois à errer autour des maisons d'un village, mais personne ne lui a ouvert la porte.

Une femme qui nourrit des chats sauvages nous l'a apportée après s'être rendu compte que beaucoup de chats errants avaient été empoisonnés.

La Ferme des Rescapés a pris en charge une chatte blessée, dont il a fallu amputer une patte. Cette chatte a une incroyable volonté de vivre. Arrivée chez dans nous dans un état critique, elle a supporté deux lourdes opérations et de longs soins post-opératoires.

 

Des chèvres "de réforme" ont également fait leur entrée. Elles ont rejoint le troupeau au pré.

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 21:56

Chers Ami(e)s des animaux,

 

Parfois on aimerait que les animaux puissent parler. Certains pourraient nous raconter leur histoire, leur passé, d'autres nous dire s'ils préfèrent rester sur la Ferme ou être adoptés.

Parfois on prend des décisions pour lesquelles on aimerait avoir leur avis.

 

Hier par contre, j'ai su avec certitude que les trois animaux que nous avons rachetés du cirque, la semaine dernière, nous serons, leur vie entière, RECONNAISSANTS de les avoir sortis de là.

 

C'est aussi la raison pour laquelle je veux remercier de tout cœur les personnes qui nous ont encore envoyé un don pour eux.

Un grand MERCI à tous ceux qui nous aident à continuer.

 

La chèvre est un amour. Elle est discrète mais elle commence maintenant à venir vers nous et nous réclame des gourmandises ! Elle vit à l'étable et sort quand elle veut. Elle est ravie de pouvoir se coucher dans la paille le soir, un tas de foin devant elle, sans personne pour lui demander de sauter sur une planche devant une foule de spectateurs et dans une musique bruyante.

 

Le vieux bélier a rejoint le troupeau de moutons. Il fait comme s'il avait toujours vécu ici.

 

Quant au poney, il n'arrive toujours pas à croire qu'il a autant d'espace où il est libre de faire ce qu'il veut. Je l'ai mis, avant-hier, sur le grand pré qui fait environ 13-14 hectares. Il y a un peu de bois, le reste est de la prairie naturelle. Il a passé la journée à courir d'un point à un autre, de temps en temps il a mangé quelques brins d'herbe puis il a continué à courir. J'étais en haut, en train de rentrer à l'étable mon troupeau de chèvres, je l'ai observé, il s'est roulé plusieurs fois par terre, a senti les odeurs des arbustes, des crottins des autres chevaux, puis a de nouveau levé la tête et a regardé tout l'espace qui s'ouvrait encore devant lui, avant que n'apparaisse au loin un grillage. Il n'en croyait vraiment pas ses yeux.

Ce matin, il mangeait déjà tranquillement au ratelier, cet après-midi il a préféré manger de l'herbe dans la vallée.

Il donne vraiment l'impression d'être très heureux.

 

Après avoir passé plus de 7 ans attaché à différentes sortes de piquet ou de panneaux avec une chaîne de deux mètres, parfois sous la pluie ou en plein soleil, après avoir été transporté, entassé avec ses compagnons, de ville en ville, dans toute toute la France, dans une chaleur étouffante en été, il sait que ses nouveaux droits acquis sont une chance que beaucoup ne connaîtront jamais.

 

Je n'ai pas encore eu le temps de prendre des photos d'eux, mais je compte le faire très bientôt.

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 14:13

 

 

 

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Les chevaux et poneys de La ferme des rescapés sont divisés sur plusieurs prés. Souvent, le soir, ils viennent les uns vers les autres. (photo ci-dessus)

 

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Le 1er mars, La Ferme des Rescapés a acheté à Maurs, sur la grande foire chevaline, une petite ponette.

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 Elle est très peureuse et boite beaucoup.

 

 

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Elle s'est tout de suite attachée à Kathleen.

 

 

 

 

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Andrew et Tache-noire (frère et soeur noir et blanc) vivent ici depuis 10 ans. Harmony, la tigrée, a rejoint la famille l'an dernier. Elle était dans une fourrière, pour euthanasie.

 

 

 

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Une grande partie des chiens dort dans le salon, la nuit. Les places sur le lit sont très prisées !!!

 

 

 

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Voici Domino, un des 27 chevreaux que La Ferme des rescapés a accueilli en ce début d'année.

Deux d'entre eux étaient trop malades et souffraient de malnutrition, nous n'avons pas pu les sauver. Deux ont été placés et les 23 autres grandissent à grand pas, ici, sur la ferme.

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 21:16

 

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Aujourd'hui j'ai fait euthanasier une chatte, qui avait probablement la Leucose ou le Sida. C'était une jeune chatte de 3 ans, que l'on m'a apportée. Les gens qui l'ont trouvée ne pouvaient pas la garder, comme toujours.

Il y a toujours un obstacle : un appartement, une rue, une allergie, un travail, un mari...

Je l'ai appelée «Maya». Elle était vive, gaie, toujours en action, toujours sur le balcon dehors. Je l'ai faite stériliser, pour qu'elle puisse sortir complètement. A partir de là, elle a commencé à changer. Elle ne voulait plus sortir complètement (derrière le parc des chats), elle préférait le balcon. Elle était «accro» au croquettes de Royal Canin et elle essayait souvent d'ouvrir les boîtes où elles étaient stockées.

Je l'en ai souvent empêché, je lui ai dit qu'elle était une jeune chatte costaud et qu'elle n'avait donc pas besoin de nourriture spéciale pour les chats fragiles. Aujourd'hui, je le regrette beaucoup. Mais il n'y a pas assez de dons et la nourriture pour les chats est déjà très chère, surtout pour 200 chats.

Maya a changé, elle a maigri, d'abord un peu, puis rapidement. Quand j'ai réalisé qu'elle n'avait pas que le coryza mais quelque chose de plus grave, nous lui avons administré tous les traitements possibles. Contre sa diarrhée, pour son foie, contre le coryza, pour la nourrir... mais rien ne fut efficace. Elle est devenue une chatte très maigre, très mal, qui souffrait. L'euthanasie fut le dernier service que je lui ai rendu. Elle me manque déjà beaucoup.

 

Pendant que j'écris ces lignes, Morlind dort déjà, il est très tard et elle est fatiguée. Ses journées sont très dures et physiquement très lourdes avec toutes les chèvres et chevaux à l'étable. Le nettoyage de l'étable, chaque jour, nous prend des heures. S'ensuit le nettoyage des chambres où vivent les chiens et les chats. Entretemps, il faut nourrir les 15 chevreaux orphelins et soigner les chèvres et les chats malades. Le travail se termine à minuit ou plus tard. Nous luttons souvent contre le sommeil, surtout si nous n'avons pas eu le temps de manger. On court, on court, mais il reste toujours un animal qu'il faut soigner, nourrir, etc... Ce printemps, nous ne voulions pas prendre de chevreaux, mais les éleveurs nous appellent souvent pour nous dire : «Il y a une (ou deux) chèvre(s) qui ne se lève plus».

Quand nous arrivons chez l'éleveur, il nous montre la chèvre, toujours squelettique à cause du manque constant de nourriture, «qui ne se lève plus», après une fausse couche, une naissance ou simplement par épuisement.

 

 

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On la porte dans la voiture en évitant de marcher sur les cadavres de chèvres «qui sont déjà raides» (il laisse les chèvres là, sans jamais leur apporter à manger où à boire, beaucoup meurent donc de déshydratation).

Quand nous arrivons à la maison avec les chèvres, on les laisse boire, boire, boire. Parfois une perfusion peut encore les sauver. Parfois plus rien ne peut les sauver.

Parfois elles sont même trop faibles pour tenir leur tête. Elles ont brûlé jusqu'à leur dernier muscle.

Ces squelettes ont un, deux, trois ou quatre ans. Elles ont donné naissance une, deux, quatre ou cinq fois à des chevreaux, mais jamais elles n'ont pu garder leurs petits plus de quelques heures. Après, l'éleveur est venu les chercher, les séparer. Les mères pleurent, les bébés pleurent. Certaines mères qui connaissent cela essayent désespérément de se cacher avec leur bébé. Mais en vain.

J'ai acheté la dernière fois une chèvre chez l'éleveur, qui était encore «en bon état», mais tellement terrifiée. Elle essayait de cacher son nouveau-né, de le garder avec elle.

J'ai pensé à la rafle contre les juifs.

J'ai payé cher pour sauver cette mère et son enfant de cet enfer. J'essaye de ne pas penser aux autres qui sont encore là, qui naissent encore et qui meurent lentement parce qu'il y a un problème et que le vétérinaire est trop cher.

Les mères qui sont si dévouées à leurs petits les voient partir en criant. Les bébés sont enlevés et nourris quelques jours, avant d'être entassés dans des camions pour l'engraissement et l'abattoir. Je vois les nôtres, que nous avons achetés pour les sauver. Ils sautent, jouent et cherchent les chèvres malades, pour se blottir contre elles, pour se sentir protégés et aimés.

Tout ça, ce n'est pas quelque chose qui interpelle la DSV. Pour eux, tout est en règle, les chèvres sont identifiées.

La malnutrition n'intéresse personne et les chèvres paralysées par des coups de pied sont des «cas isolés». Nous avons eu 5 de ces «cas isolés» à l'étable cet hiver et 5 chèvres sont déjà parties avec l'équarrisseur. Le vétérinaire parle de grave maltraitance mais ne veut pas se mettre à dos ses clients.

Par ailleurs, ce sont des chèvres qui sont nées pour être abattues ou pour donner du lait.

200 chevreaux sont partis avec le camion la semaine dernière, en provenance d'un seul élevage, près de chez nous. Nous en avons sauvé 15. On aurait aimé en sauver davantage, mais le lait coûte très cher et plus tard le foin aussi. Et il y a aussi la charge de travail. Il faut rester raisonnable.

Mais face à toute cette horreur, j'avoue avoir du mal.

 

 

 

Verena Fiegl

 

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