LA FERME DES RESCAPES
Le Fraysse
46700 Cassagnes
Tel : 05 65 36 64 85
Ou 06 04 41 80 45
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Chère Madame, Cher Monsieur,
Merci beaucoup pour votre don et votre soutien à la Ferme des Rescapés ; nous en avons tellement besoin. Cette année, nous avons récupéré un grand nombre de moutons et de chevaux ainsi que quelques chèvres. Beaucoup étaient malades et dans un état de maigreur extrême. Mais la majorité des animaux qui sont arrivés à la Ferme cette année étaient des chats sauvages ou abandonnés.
Davantage d’associations nous ont demandé de l’aide parce que des chats étaient menacés de mort, soit par des particuliers, soit dans les fourrières. Le fait d’être stérilisés ne les a pas protégés. Nous travaillons régulièrement avec trois fourrières qui ont pu baisser de façon drastique leur taux d’euthanasie parce que c’est la Ferme des Rescapés qui récupère leurs chats sauvages, malades, handicapés, etc. Quelquefois, nous récupérons des chats sociables avec les humains, mais ils sont de couleur banale (noirs et blancs, gris et blancs, noirs) ou bien ils ne sont plus tout jeunes. Personne ne les veut. Les associations et refuges qui ont le droit de récupérer des chats de la fourrière ne les choisissent pas car ils ne pourront pas être adoptés. Ces chats meurent parce qu’ils ont la « mauvaise » couleur, ou bien des kilos en trop ou pas assez, mais surtout parce qu’ils sont trop nombreux.
Pour faire face à l’arrivée de ce grand nombre de chats, nous avons fait construire trois nouvelles chatteries. Une de ces chatteries est destinée aux chatons, pour éviter des maladies. Toutes les chatteries ont un parc attenant sécurisé. Après être restés quelques temps dans les chatteries, beaucoup de chats vivent avec nous dans la maison. Ils ont accès à toutes les chambres, ils sont dans la cuisine, sur les armoires, le réfrigérateur et l’évier, sur les canapés et les lits... Ils ont également accès au grenier d’où ils peuvent sortir dans le jardin ou dans nos champs. Certains perdent leur peur, d’autres restent méfiants. Les plus confiants couchent sur le canapé près des chiens ou dans les « bras » d’un chien.
Le travail est immense. Nous nettoyons toute la journée jusqu’à minuit, à un rythme très soutenu, souvent sans pause. Et même si les moutons, chèvres, chevaux, poules, lapins, cochons d’Inde vivent en liberté, ils ont tous accès aux étables que nous devons nettoyer quotidiennement. Nous avons quatre lave-linge qui tournent de 6h à 23h tous les jours. 40 chiens vivent avec nous et apportent aussi du travail.
Cette année, nous avons réalisé de beaux placements. Une dizaine de chiens ont ainsi trouvé le bonheur absolu et, d’après les témoignages, leurs nouveaux maîtres également. Merci beaucoup à toutes ces personnes pour leur patience et leur compréhension.
Cette année, un nombre considérable de chevaux destinés à l’abattoir est arrivé à la Ferme. Presque tous étaient victimes d’une exploitation extrême dans des centres équestres ou chez des particuliers. Délaissés, sans nourriture, malades et laissés sans soins, ils sont arrivés squelettiques, boiteux, blessés. Ils ont dû travailler jusqu’à leur arrivée à la Ferme et on peut dire que les gens ont monté de vraies « ruines » sans aucuns scrupules. Où sont les cavaliers et cavalières qui ont une conscience ?
Et pourtant, c’est nous qui recevons des critiques : « la Ferme des Rescapés laisse mourir de faim ses chevaux », « Pourquoi les chevaux de la Ferme des Rescapés sont si mal en point ? ». Une autre critique qui nous est faite : « Pourquoi avons-nous des chats partout ? ». « Pourquoi en prenons-nous encore ? Il faut dire non ».
Oui, nous disons non, mais d’une autre façon. Nous disons non, on ne les laisse pas mourir de faim, on ne les laisse pas se faire tuer d’un coup de fusil ou à coups de pied ou de pelle, avec de la mort aux rats ou d’autres poisons, ou encore par une injection chez les vétérinaires. Nous voulons leur éviter d’étouffer dans des poubelles, de pourrir dans des pièges, d'être massacrés dans des villages ou exécutés dans des fourrières. Nous savons qu’il y a des centaines de chats qui sont tués chaque mois parce qu’il n’y a plus de place dans les refuges ou bien parce que personne n’en veut. Nous travaillons avec des fourrières, des refuges et des associations et nous connaissons la réalité. Et même si nous consacrons toute notre vie à sauver des animaux, notre travail n’est qu’une goutte dans un océan de misère. Mais au moins ici, les chats ont une maison et des personnes qui prennent soin d’eux. Ils ont de la place, ils ont le chauffage et sont dans un environnement propre et douillet. Nous dépensons une fortune pour leur nourriture (régulièrement des croquettes Royal Canin, voir factures) et les soins vétérinaire (voir factures). Nous travaillons avec trois cabinets vétérinaire des environs et une clinique vétérinaire de Toulouse, spécialisée dans les maladies des chats. Les gens qui nous critiquent ont souvent un seul animal ou même aucun, parce qu’ils ne veulent pas renoncer à leur confort.
Les animaux qui vivent ici viennent souvent de très loin, tout simplement parce qu’il n’existait pas une personne ou une structure plus proche pour eux. Ce ne sont pas des animaux que nous avons pris sur Le Bon Coin parce que nous voulions des animaux. Non, nous entendons souvent : « Vous êtes notre dernier recours, nous avons déjà demandé partout ». Ici, les animaux ne vivent pas dans un parc animalier. Ce sont de véritables rescapés, grâce aussi aux personnes qui ont fait un trajet de plusieurs heures pour les amener à la Ferme. Ceux qui vivent ici ont pu échapper à des massacres sans scrupules, ni pitié. Nous luttons chaque jour et durant beaucoup de nuits. Souvent, malgré tous les soins, c’est un échec. Nous vivons dans la peine.
Nous ne sommes pas contre l’adoption. Mais la plupart des gens qui viennent à la Ferme viennent pour déposer leur animal ou celui qu’ils ont trouvé, pas pour en adopter un. Nos chatons sont, pour la majorité d’entre eux, gris, noirs, noirs et blancs, à poils courts, mais pas bleus ou angoras. Ils crachent et ne montent pas sur les genoux pour se faire caresser.
Merci à Chantal qui a adopté une cinquantaine de cochons d’Inde de la Ferme. Ils vivent maintenant chez elle en toute liberté avec beaucoup d’abris et de soins.
Merci à nos bénévoles qui font des trajets et organisent des transports sur de longues distances, avec beaucoup de responsabilités. Merci à Brigitte et à Monsieur Germier qui ont ainsi aidé à sauver de nombreux chats. Merci à Marie-Line, Anne-Marie et Annie, à Georges, Pierre et Olivier qui nous donnent régulièrement un coup de main. Merci à toutes les personnes qui nous ont apporté de la nourriture ou du matériel. Pardon à tous ceux qui voulaient nous rencontrer et pour lesquels nous n’avons pas eu de temps à consacrer. Mais chaque heure que nous perdons dans la journée nous manque le soir pour les soins des animaux.
Merci infiniment à toutes nos donatrices et à tous nos donateurs qui nous comprennent et nous soutiennent en toute confiance pour que nous puissions continuer d’ouvrir cette maison à tous les animaux qui peuvent être sauvés. Leur soutien régulier nous permet de nourrir, nettoyer et soigner tous les animaux présents à la Ferme. C’est grâce à votre générosité que 600 animaux peuvent vivre ici en toute dignité. Merci pour vos encouragements.
Verena FIEGL




