La ferme des Rescapés est aussi un grand refuge pour les équidés. Ils sont presque une cinquantaine à vivre une retraite bien méritée sur ses prés.
La grande majorité des chevaux a plus de vingt ans. Beaucoup sont des réformés de centres équestre ou des chevaux qui étaient destinés à l'abattoir. Quelques-uns vivaient chez des particuliers qui les ont délaissés, négligés ou mal soignés.
C'est le cas de Sepia, arrivée à la ferme en décembre. Ses propriétaires l'avait placée en pension dans un club équestre. Elle était montée. D'après la monitrice qui l'a amenée, elle a commencé à tousser, mais les propriétaires ont tardé à faire venir un vétérinaire. Le traitement qu'il a prescrit n'a pas été administré régulièrement ni pendant la durée recommandée. Au fil du temps, Sepia est devenue de plus en plus malade jusqu'à être maintenant emphysémateuse. Malgré sa maladie, des fers lui ont été posés quelques mois avant son transfert dans notre association, dans l'espoir qu'elle puisse être montée de nouveau.
Chez les marchands qui vendent des chevaux aux abattoirs, nous voyons de plus en plus de chevaux de particuliers. Ils sont âgés, ne peuvent plus être montés et malgré tous les services qu'ils ont offert à leurs cavaliers, ils sont vendus pour éviter les éventuels frais vétérinaire et les frais d'équarrissage.
C'est le cas d'Etoile, une jument de 23 ans qui a été montée pendant vingt ans, de l'Alana, une anglo de 24 ans qui a participé à des courses puis qui a donné naissance à cinq poulains, et de Peter qui a fait de la compétition, puis qui a été utilisé dans un club jusqu'à ses 24 ans.
Tous devaient partir à l'abattoir en Espagne.
Pour les chevaux âgés, l'hiver est toujours difficile, surtout pour ceux qui sont maigres et pour ceux qui souffrent d'arthrose.
Les plus fragiles sont dans leur box ou portent des couvertures.
Ils vivent toujours en groupe dans les prés. Certains nouent des amitiés très fortes à la ferme et deviennent inséparables.




